Articles de Presse Récents

Dans les médias


Libération, 8 octobre 2021

Le phénomène Eric Zemmour: une bulle sondagière ?

Par Alexandre Dézé et Michel Lejeune

L’incroyable buzz médiatique qui entoure Eric Zemmour est-il fondé ? Dernièrement, le polémiste d’extrême droite, qui n’est pas encore officiellement candidat à l’élection présidentielle de 2022, s’est vu créditer de 13% à 16% d’intentions de vote dans les sondages, Selon les résultats de l’enquête Ipsos-Steria parus dans Le Parisien-Aujourd’hui en France du2 octobre, il obtiendrait 15%, devançant désormais Xavier Bertrand (14%), et talonnerait Marine Le Pen (16%). Dans les pages du journal, on apprend encore que le sondage aurait eu l’effet d’une « bombe » à droite et qu’il consacrerait « l’effondrement d’Anne Hidalgo ». Mais que valent ces résultats ? En réalité, pas grand-chose....

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Analyse Opinion Critique, 12 octobre 2021

Des ombres planent sur les sondages en vue de la présidentielle

Les échecs récents des sondeurs pour les intentions de vote des élections régionales ont mis en évidence les problèmes structurels actuels de leurs pratiques qui laissent présumer de grandes incertitudes pour la campagne des sondages pour les présidentielles qui a déjà démarré à plein régime. Tous les sondages effectués au mois de juin pour le premier tour des élections régionales 2021 ont surestimé le vote Rassemblement National, de l’ordre de 4 à 10 points selon les régions (sauf pour la Corse où le RN est très faible). En Occitanie, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Normandie les 10 points ont été atteints ce qui est une situation inédite. Mécaniquement ces écarts ont été préjudiciables à d’autres listes. Ainsi en Occitanie la liste PS/PCF/PRG a pu perdre près de 11 points. Pris de court par ce fiasco généralisé les sondeurs ont donné, de concert, une explication improvisée : les écarts auraient été dus à leur sous-estimation de l’abstention. En fait il n’en est rien car, dans leurs approches, leurs estimations de l’abstention n’ont pas de lien avéré avec l’amélioration des estimations d’intention de vote.

En réalité les causes de la déroute sont structurelles et donc moins avouables...

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Le Monde, 14 décembre 2021

« Il faut ramener l’activité sondagière dans le champ scientifique »

Tribune par Michel Lejeune, statisticien

L’article récent de Luc Bronner (« Dans la fabrique opaque des sondages », Le Monde du 5 novembre 2021) a dû retourner bien des esprits. Il a donné la preuve évidente que les sondages d’opinion étaient loin d’avoir la qualité vantée par les sondeurs, aussi bien sur le plan de la sélection et du contrôle des échantillons que sur la nature des questionnaires. Pourtant, combien d’observateurs avertis n’ont-ils pas alertés sur les biais de sélection des access panels Internet devenus la norme ? On les a écoutés distraitement en revenant toujours vers la parole rassurante des sondeurs.

Avec l’apparition et l’usage d’Internet, les sociétés de sondage se sont détournées de la méthode scientifique. Dans leur positionnement concurrentiel, elles ont toutes cédé aux avantages des faibles coûts, de l’immédiat et de la prolifération aux dépens de la qualité. Elles ont développé une démarche empirique, laquelle, n’ayant pas de justification théorique, les a amenées à construire un discours pseudoscientifique séduisant mais peuplé de contre-vérités. Certes cette démarche peut, de temps à autre, donner des résultats jugés corrects dans les intentions de vote proches de la date du scrutin, mais elle n’offre aucune garantie a priori....

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